Le train du désert

La Mauritanie, vaste pays essentiellement désertique au carrefour entre Maghreb et Sahel, dispose d’une unique ligne ferroviaire. Construite à l’initiative des Français suite à la découverte d’importants gisements de fer au beau milieu du Sahara, elle s’étend sur 700 kilomètres, reliant le complexe minier de Zouérate au port de Nouadhibou sur la côte Atlantique. Composés d’environ deux cents wagons et pouvant atteindre jusqu’à 2,5 kilomètres, les trains qui l’empruntent comptent parmi les plus longs du monde. L’objectif premier de ces derniers est l’acheminement du minerai de fer pour son exportation. Et pourtant, nombre de Mauritaniens voyagent chaque jour à leur bord pour transporter des marchandises en tout genre, faire du commerce ou simplement rendre visite à des proches. Si certains optent pour l’unique wagon de passagers, les plus chargés ou démunis n’ont d’autre choix que d’emprunter un wagon destiné au fer. La traversée est gratuite mais les conditions de voyage sont éprouvantes. Dans le désert, l’amplitude quotidienne de température frise parfois l’extrême. Le pire cependant, c’est bien la poussière. Les particules de fer se propagent dans l’air et viennent sournoisement se loger dans tous les recoins et orifices, rendant pénibles autant la respiration que la vue. Fasciné par le courage de ces hommes, j’ai fait le voyage de Nouadhibou à Choum aller-retour, soit pendant 24 heures sur près de 1000 kilomètres, afin de vivre et documenter cette folle traversée du désert.

 

 

Le train près du port de Nouadhibou où sont déchargées chaque jour jusqu’à 40.000 tonnes de fer. © Yann Lenzen

 

 

Un jeune homme s’arme de patience à la gare de Nouadhibou. Les retards sont fréquents, aujourd’hui le train arrivera huit heures après l’heure officielle. © Yann Lenzen

 

 

Omar attend le train en gare de Nouadhibou. Il voyage régulièrement pour vendre des marchandises à Zouérate, la ville minière au bout de la ligne. © Yann Lenzen

 

 

Hassan s’installe dans un wagon vide pour le long voyage en perspective. La traversée du Sahara jusqu’à Zouérate dure une quinzaine d’heures lorsque le train est vide et jusqu’à vingt heures dans l’autre direction avec son chargement. © Yann Lenzen

 

 

Des passagers au réveil après une nuit mouvementée. Les accélérations et freinages du train provoquent des secousses aussi violentes qu’imprévisibles. © Yann Lenzen

 

 

Plusieurs évitements répartis sur la voie unique permettent le croisement des trains vides et avec les trains chargés. © Yann Lenzen

 

 

L’approvisionnement quotidien en produits de première nécessité que permet la ligne ferroviaire a favorisé l’émergence de campements et villages dans l’une des régions les plus inhospitalières de la planète. © Yann Lenzen

 

 

Un employé de la SNIM, la Société Nationale Industrielle et Minière, qui opère la liaison entre Zouérate et Nouadhibou. © Yann Lenzen

 

 

Après 460 kilomètres parcourus depuis Nouadhinou, certains passagers descendent à Choum. Le train s’arrête pendant quelques minutes dans le village de 5000 habitants avant de reprendre la route vers Zouérate. © Yann Lenzen

 

 

De retour à Choum après quelques jours dans le désert. Sama et son fils Réda attendent le train en direction de Nouadhibou. Ils habitent Choum mais se rendent chaque année sur la côte pendant les mois où la chaleur devient insupportable. Les femmes voyagent dans le wagon de passagers pendant que les hommes transportent les marchandises dans un wagon de minerai. © Yann Lenzen

 

 

Le train entre en gare à la tombée de la nuit. Il faut vite trouver un wagon adéquat : le train ne s’arrête qu’une dizaine de minutes et n’attend pas les retardataires. © Yann Lenzen

 

 

Sama et sa famille procèdent en hâte au chargement : chèvres, poules, dattes, meubles, etc. © Yann Lenzen

 

 

 

 

 

 

Le trajet vers Nouadhibou se fait donc à bord d’un wagon qui contient jusqu’à 85 tonnes de minerai. On creuse dans le fer pour aplanir la surface et y installer des tapis de paille. © Yann Lenzen

 

 

Sama a allumé un petit feu de charbon dans un coin du wagon pour préparer le fameux thé mauritanien et le repas. © Yann Lenzen

 

 

Le port du turban est indispensable mais ne permet pas d’échapper à toute la poussière. © Yann Lenzen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivée en gare de Nouadhibou, le voyage touche à sa fin. © Yann Lenzen

 

 

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